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KYLAM

KYLAM sait harponner le regard. Au premier abord, c’est sa force graphique au caractère ludique qui séduit. Puis à bien y regarder, une inquiétante étrangeté. L’artiste écrit des comptines morbides, où joliesse et ricanements dialogues du même coup de crayon.

Entre clin d’œil au cinéma psychédélique digne de Jodorowsky ou appels de pied à l’estampe japonaise, KYLAM produit un mix hypnotique de dessins, peintures, fonds foisonnants où s’accumulent des formes géométriques rappelant le « op’art » ou des hiéroglyphes.

Avec leur facture modeste, voire artisanale, ces œuvres entretiennent un lien avec le langage surréaliste, se présentant comme des reliques ou totems qui participent à la construction de façades narratives aux références épiques et éparses. Elles révèlent une sorte de réalité inconsciente. Ce monde autre propose un étrange bestiaire qui permet à l’artiste d’étudier, par le truchement des alter egos animaliers, les comportements humains et leurs travers.

Grave et léger à la fois, son travail emprunt de symbolisme et de cynisme propose un monde peuplé de créatures hybrides, monstres et chimères issus de son imagination débridée, mettant en scène des univers archaïques pour la plupart habités par cette bête insolite qu’est son personnage fétiche le « Géron ». Chacune de ces scènes semble un prétexte pour toucher les affects et remuer les émotions enfouies du spectateur.

Severine BRETON